Compte-rendu du concert du 21 novembre 2004.

A lecture de ce qui suit, vous comprendrez encore à qul point nous devons ces moments merveilleux à Francis Geron, patron du Spirit of 66  ...  qu'il soit encore remercié pour ce qu'il fait, et les moments qu'il nous permet de vivre.

Vous allez comprendre !!!!

Pour ce concert exceptionnel, une fois n'est pas coutume, je donnerai la parole à pas moins de QUATRE chroniqueurs .... les trois premiers parlant plus précisément du concert et de ses alea, le dernier se voulant davantage une "chronique" de ce week-end de folie passé en compagnie de ce groupe fantastique.

Je vous en conseille vivement la lecture, et jusqu'au bout !!!!

Dans l'ordre, vous lirez donc Pierre NANSON, Dominique DUROULLE, Alex WILLEM,
et bien entendu mon cher ami le Dr PROG, mon frère d'émotion .....

Piero.

J'essaie de reprendre mes esprits après le fabuleux concert de 'la Maschera di Cera' hier soir au Spirit!
On a beau s'attendre à une prestation admirable, hier c'était encore plus...!
Commençons par les défauts, comme ça c'est fait: un public peu nombreux et, plus drôle, Fabio Zuffanti qui a oublié de brancher sa basse au début.

Ceux qui les ont vus le 14/09/2003, ont pu le remarquer: ils étaient bc plus détendus, voire dissipés ;-))
Mais quelle énergie! et quelle communion avec le public. il faut dire que sa première ligne représnté par l'équipe de Progrésiste y a bc participé. Complètement tapés ;-))) D'ailleurs bc se sont demandés quand le Dr Prog allait se pêter la g... contre le retour de la scène, tellement il "oscillait". Heureusement qu'il y avait un autre Dr ds la salle!

En tt cas, un vrai groupe italien: charisme, expressionnimes, voire baroquissimes, flamboyance musicale.
C'est sur, c'est pas des Suédois mélancoliques ;-), autre genre que j'adore, mais ici ça fait du bien d'avoir une telle diversité dans notre genre musical préféré. Les mots en 'issime' se bousculent un peu dans ma tête! bon, c'est l'Italie!

Pour le concert proprement dit, ils ont repris les grands classiques de leurs deux albums albums précédents, dont qq longues plages. A leur habitude, ils sont apparus légèrement grimmés, sauf le claviériste (me semble-t-il), plus sobre. Cela me fait penser à un autre groupe, tiens! ça! ;-).

Ce groupe joue sans guitare électrique; ses effets sont assurés par la basse, par le flûtiste & par le claviériste qui ont fait un travail admirable. Son absence ne se fait absolument pas sentir; bien au contraire les effets alternatifs apportent une personnalité toute particulière à leur musique. Pour les influences, effectivement, on retouve du KC, Genesis, mais j'ai même ressenti un petit rappel de Silver Mount Zion (avec les effets de la basse) au cours d'un morceau.

Question inédits, on a pu entendre trois morceaux du nouvel album, dont un extrait d'un long morceau (20-30 min.). 3 morceaux d'un nouvel album, ça ne doit pas faire loin de la moitié de l'album! J'ai eu l'impression que le chanteur Alessandra Corvaglia assurait bc plus de passages à la guitare sèche qu'auparavant. En plus de la flûte, le flûtiste utilise la saxo alto et la clarinette (ou le hautbois). Le claviériste lui joue de toute la gamme prog dans son domaine (enfin ce sont des synthés, sorry pour sertains :-{{): Mellotron, Moog, Hammond, piano, etc... le batteur est tout à fait excellent (pour peu que j'apprécie...)

Ils ont terminé par le dernier morceau du 1e album, une progression merveilleuse, mon préféré! (pour les titres, désolé, ouvrez vos pochettes)  Deux rappels: un de King Crimson et l'autre que je n'ai pas identifié.



Ils également remis un cadeau à Francis, Piéro et Dr Prog en remerciement de leur accueil respectif: une ambiance vraiment très familiale!

Bref, ce fut un concert formidable, des musiciens qui prenainet un réel plaisir à jouer.
Ce serait peut-être bien le meilleur concert de l'année pour moi. Et vous?

Pierre Nanson.

Pierre a du mal à se remettre du concert de la Maschera di Cera,... et je le comprends ;-)
Un ravissement pour qui apprécie le symphonisme italien des années soixante-dix (excusez, je suis français ;-)))) )
Au programme, que du bon, après l'intro "Ave formosissima" (tiré des "Carmina Burana" de Carl Orff) :
La Maschera Di cera
Il grande labirinto
Del Mondo Che Crolla
Ai confini del mondo (j'adore ce morceau !!)
Il viaggio nell'oceano capovolto (en entier, parties 1 et 2,
y compris le final crescendo construit comme le boléro de Ravel ou
le "Genesis Ch. 1 v. 32" d'APP (magnifique morceau, tiré de
l'album "I, robot"), où une phrase musicale (au hautbois sur disque,
au synthé (genre lead square) sur scène) est répétée en boucle et sur
laquelle s'ajoute progressivement les différents instruments)
Del Mio Volo,
en rappel (et que c'est beau, ce leitmotiv de lead-
synth avant le dernier couplet...)

A cela, on ajoute deux nouveaux morceaux et un extrait d'une nouvelle suite qui figureront sur le nouvel album que le groupe enregistrera en 2005...

Et quand il n'y en a plus, y en a encore, comme me l'a murmuré Gilles/Dr Prog : un morceau de Finisterre (si je me souviens bien...), un de King Crimson ("In the wake of Poséidon" ?? Je ne sais plus... :-( ) et surtout, le "R.I.P." de Banco, un de mes morceaux préférés de ce groupe, même si la voix d'Alessandro Corvaglia a du mal dans les aigus pour rivaliser avec celle de Francesco Di Giacomo...

Des musiciens sympas qui se sont éclatés sur scène, quelques petites erreurs du clavier Agostino Macor qui est loin d'être un manche ou un simple démonstrateur de virtuosité stérile (j'avais pas mal écouté les deux albums avant et j'étais donc particulièrement sensible aux petits couacs ;-) ), de l'émotion, des sons de vieux synthés à gogo (mellotron, Hammond, piano, moog, tous émulés par un Korg M1, un Roland XP-50, un Roland A-90 (pas sûr)et un vieux Roland que je sais même pas ce que c'était...), pas de guitare électrique qui hurle et couvre les autres instruments, un flûtiste qui joue et vocalise en même temps, un jovial batteur solide et grimaçant, un chanteur charismatique, un bassiste débonnaire... Que demander de plus ? Rien, si ce n'est leur retour à Verviers !! Et je serai là une fois de plus.

DD, heureux.

On ne saurait trop recommander, en effet a notre cher Docteur de ne pas perdre a l'esprit qu'il n'evolue pas dans le vide, mais bien dans un espace clos, rempli d'objets plus contondants les uns que les autres. Nous avons maintes fois crains pour sa vie en voyant son front de sage se rapprocher chaque fois un tout petit peu plus du baffle de retour a l'avant de la scene. Quelle perte pour l'ordre des Medecins es-Prog... Si le long morceau de 25' en avait fait 26, nous serions probablement tous en deuil aujourd'hui.

Moi, cela m'a fait beaucoup plus penser a du Jethro Tull avec ce cote son "gras" (tout a fait sans conotation pejorative, je suis fan de JT jusqu'a la fin de la periode '70). Genesis avait un son plus "fin"...

Un concert formidable! Dommage que quand de si bon groupe se deplacent de si loin, l'audience ne soit pas a la auteur de la distance faites par les artistes. Un peu plus de monde n'aurait pas ete plus mal...

Alex Willem.

Il est des moments qu’on attend avec tant d’impatience et d’espoirs que, souvent, ces derniers se muent en déception, pour y avoir trop cru.

A contrario, il y a des instants magiques, que l’on attend et dont on pressent qu’ils sont annonciateurs de grands événements. Charger mon Mellotron dans le coffre de la voiture de Dominique, avant le concert d’Anglagard en fut un. Aller chercher les sept italiens de “La Maschera di Cera” à l’aéroport de Charleroi, en compagnie de Piero,  en fut un autre.

Dès l’instant où ils débarquèrent, à coups de cris de joie, d’embrassades et d’accolades, nous savions que quelque chose se préparait. Ils étaient fous. Fous heureux d’être là, au point que Maurizio, le batteur, sautait sur place d’excitation. Ils étaient chauds comme la baraque à frite où nous nous arrêtâmes, en rentrant. Il se mit à neiger et nos Italiens de s’extasier...

Nous tentâmes, dès lors, de prévenir les autres, les frileux, qui ne désiraient pas sortir de chez eux en cette sombre soirée de novembre, pour leur annoncer la grande nouvelle: il allait se passer quelque chose au “Spirit of 66", ce soir là. Peu vinrent, même si notre ami Jean-Marc, à peine sorti de l’hôpital suite à une opération, se trouvait bien là, au premier rang, sur une chaise haute, histoire de ne rien rater. Avant cela, le groupe s’était sustenté en notre compagnie, rigolant, buvant, échangeant moult propos sur des sujets divers, dont la musique progressive, qu’ils connaissent et aiment autant que nous. Nous avions l’impression d’assister à une réunion “Prog-Résiste” plus qu’à un repas d’enterrement, chose à laquelle certains groupes plus “pros” nous avaient habituées (pas de noms, désolé... ).

Inutile de décrire ce concert. C’est indescriptible. Imaginez simplement que vous êtes en Italie, dans les glorieuses années 70 et qu’un groupe du genre “Biglietto per un Balletto di Rosenbach” joue devant une poignée de spectateurs déchaînés. Les musiciens n’ont plus 45 ans, ils en ont 25 de moins: la fouge de la jeunesse les habite et les transcende. Ils jouent pendant 3 heures, qui ne durent que quelques instants. Ils jouent même du King Crimson et du Banco del Mutuo Soccorso, leurs contemporains, leurs amis et leurs maîtres. Le chanteur, d’une expressivité rare, latin et italien jusqu’au bout de la voix, le flûtiste, en guenilles,  sorti tout droit d’un disque des années 70, le bassiste rageur, mélodique, jouant le rôle de la guitare et de la basse, le clavier à petite moustache, smart et inventif, mellotroné et hammondien et le batteur, fou furieux, d’une énergie et d’une jovialité communicative. J’ai failli m’écraser la tête contre le retour de droite, j’ai perdu mes clefs, à force de sauter, mais (Dieu merci) j’ai des amis sûrs dans la salle (merci, Claude & Piero!).

J’ai dit que le concert était indescriptible, mais il faut quand même y revenir un petit peu... Ne fût-ce que pour réaliser, une fois revenus sur terre, l’aisance et la facilité avec laquelle tout s’est déroulé. Une fois de plus, le ‘cis a fait des miracles. Un son parfait, même si la basse était déconnectée, pour ses premières notes (ce n’était pas la faute du “FIAT cable”, cette fois), une organisation huilée, minutée et chaleureuse qui a permis aux musiciens de se concentrer sur ce qu’ils font de mieux: jouer et faire le spectacle. On est tellement habitué que cela se déroule ainsi, au Spirit of 66, qu’on ne le remarque même plus... Mais les musiciens le savent et ont d’ailleurs enregistré leur tout nouvel album en public, “In concerto”, dans la mythique salle de Verviers.

Sur les planches, les cinq sont soudés. Depuis un an, on le sent, on le voit, non seulement ils sont beaucoup plus homogènes, musicalement parlant, mais aussi humainement. Des complices, depuis Mau, le batteur échevelé à l’élégant et pince-sans rire Ago, au sourire qui en dit long, en passant par la chaleur de Fabio, la dégaine de Adnrea et le charisme de Sandro. La basse est plus douce, la flûte moins tournoyante qu’il y a un an et cette fois, aucun effort particulier n’est fait pour cacher l’absence de guitare, qui ne se remarque même plus, tant l’espace sonore est harmonieusement rempli. De la grande classe et de l’émotion à ras le coeur.

Je ne sais si je dois verser une larme parce qu’ils nous ont fait monter sur scène, Francis, Piero et moi-même, pour nous remettre un cadre contenant un montage photo, signé par tous les membres du groupe, histoire de remercier l’organisateur et ses taximen...

Je refoule ma larme, mais elle a failli couler, devant le masque de cire, le visage défait d’Alessandro, le chanteur, après le concert... “Pourquoi es-tu triste, Sandro, c’était pourtant magnifique?”

“Je suis triste parce que c’est déjà fini...”

C’est fini, c’est vrai, mais ces quelques heures font dorénavant partie de notre existence, rajoutant une couche de souvenirs que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Oups, il se fait tard, il faut déjà que je reprenne ma voiture, nous avons un dernier rendez-vous, à Namur, ce soir, avant de reprendre le chemin de l’aéroport. Je sais, c’est dur, le métier que celui de taximan...

Cette fin de soirée, il faut quand même que je vous en parle... Parce que rencontrer des groupes, c’est bien. Manger avec eux, c’est sympa. Les conduire à l’aéroport, c’est vachement cool...

Mais vivre une soirée entre amis, c’est mieux. Une bande de gosses, comme nous, se chamaillant, rigolant, pestant, se moquant et parlant à n’en plus pouvoir: ils ne sont pas Italiens pour rien. Cela tombe bien, Piero et moi avons du être Ritals dans une autre vie. On entend de l’italien, du français, de l’anglais et des mélanges linguistiques qui nous donnent de fous rires inextinguibles. On papote, on rigole comme si on se connaissait depuis 20 ans. La guitare circule de main en main, les chants s’élèvent. Ils connaissent tout le prog, mais aussi Britney Spears, pour faire plaisir à Sandrine, la pitchoune de Piero. S’élève, soudain, la voix de Carlo, que nous avions connu, en son temps, à Corbigny et à Royan, véritable bible des paroles musicales: il connaît TOUT! De Ange à Genesis, en passant par Yes, Marillion et tous les italiens.

Ici, une soucoupe s’envole... Agostino aux claviers, Fabio à la guitare acoustique, Maurizio au tambourin (tapant sur Sandro et Piero, alternativement), les autres aux chants: tout y passe, de “Uomo di Pezza” de Le Orme à “Grendel” et “Sugar Mice”, de Marillion à Genesis et Yes... Au point que le “manager” (un copain de plus, en fait...), s’égosille: “Ragazzi, we have to go!”. D’accord, mais pas avant d’avoir joué “The knife”. Le temps de trouver le son d’orgue et nous sommes partis pour quelques minutes d’anthologie, qui se terminent par “WE HAVE WON!”.

Oui, nous avons gagné. Des amis. Des souvenirs. Des émotions.

Allessandro imite Fish, “Ya made a death of a fuckin’ knife”... Mau veut “vendre” un Prog-Résiste, au lieu de l’acheter  (ils jouent mieux de la musique qu’ils ne parlent anglais), il se fait rabrouer, comme tout au long du week-end, ce qui ne nous empêche pas de faire deux nouveaux abonnements. Fabio sourit, en disant qu’il n’a pas besoin de s’abonner, qu’il fera des photocopies... On lui rétorque que ce n’est qu’un juste retour des choses, puisque nous, on copie bien ses disques... On éclate de rire... On peut tout se dire, on est des amis...

Cette fois, à l’aéroport, après une dernière bière, histoire de retarder l’échéance, il faut bien se dire Adieu ou du moins, Au revoir. On entonne une dernière fois, ensemble, l’hymne de Prog-résiste, le célèbre “Chimay bleue, Chimay bleue, hou-ha ” que tous les musiciens progressifs de la terre vont finir par connaître à force de le chanter avec nous. On les laisse pour un dernier décollage, nous, on va devoir atterrir...

Je ne sais pas ce que doivent penser des musiciens qui évoluent dans des stades de 100.000 personnes. Mais, j’ai très bien vu ce que contenaient les yeux de ces musiciens qui ont joué devant 30 pèlerins (fous), la veille.

Bon, cette fois, je peux laisser couler ma petite larme...

DrProg