Compte-rendu du concert du 10 septembre 2002.
Attention, Attention !!!!
La
parole (et l' image) est à Frédéric Loridant ...
tout ceci est honteusement -mais avec son amical accord- pompé de son site www.photorock.com
Daevid ALLEN
and his UNIVERSITY of ERRORS et ses professeurs foldingues ont encore
frappé réduisant en poudre de perlin pinpin mes profondes convictions
musicales (quoique déjà ébranlées par une série de concerts hors normes).
Curieux, j'avais été attiré dans cette fac hors du commun croyant assister à
un magistral d'échanges entre GONG et SOFT MACHINE le tout assaisonné
d'un gai space rock psychédélique comme Daevid ALLEN sait le faire.
Bien heureuse erreur d'appréciation, tous mes préjugés sont tombés d'un coup
remettant en question mes croyances sur le métissage des genres en me plongeant
tout entier comme un catéchumène athé dans un véritable morphing sonique.

Tout commence par un retard, un Francis Géron stressé et une salle non bondée.
L'équipe universitaire apparaît enfin sur une scène dénudée. Pas de
clavier, uniquement des amplis et une batterie en décor de fond, deux micros et
un maximum de pédales d'effets aux pieds de Daevid ALLEN. Nos
professeurs de l'Université des Erreurs savent se tenir. Raides comme
des piquets, visage fermé et austère, ils rendent d'abord hommage sur un air
pompier à leur Université ; il ne manquait que la présentation des armes, les
guitares, la batterie et le mégaphone pour donner un côté martial à cette
entrée en matière. Les premières notes ne laissent rien présager. Daevid
ALLEN, en grand professeur émérite, commence doucement, presque a
cappella, et d'un coup, sa voix déraille, des notes aiguës surgissent
d'une Gibson montée à l'envers (Josh POLLOCK est gaucher et les riffs
se font de bas en haut et non et haut en bas - impressionnant) et les hordes de
Seattle, patrie du Grunge déferlent balayant tout sur passage.

Et au centre de
ces déferlantes, maîtrisant sans peine l'énergie débordante de ses
professeurs, Daevid ALLEN coordonnait le tout avec brio, « manageait »
son corps professoral, n'hésitant pas à donner de sa personne et surtout à la
(le) montrer. Première surprise, première analyse par des neurones à peine
remis du choc : pas de doute on sent GONG dans les délires d'une guitare
nirvanesque, saucée de Red Hot Chili Pepper et crachant des sons
parfois Black Sabbathiens, le tout en étant space et très progressifs
dans les idées. Deux architectes sans limites permettaient un bon déroulement
des cours magistraux de ALLEN et POLLOCK : un jeune chercheur
menant à la baguette, tambour battant, des légions de rythmes plus fous les
uns que les autres (Warren HUEGEL) et un bassiste virtuose (Michael
CLARE) qui faisait aussi office de guitariste rythmique mais sur 4 cordes.
Ce n'est pas une maison qu'ils bâtissaient, ni une cité, mais un véritable
monde riche en musico-biodiversité et où l'on entendait parfois rugir un
GongZilla…

Espiègle comme un éternel ado, Daevid ALLEN tantôt professeur en toge,
tantôt curé en soutane armé d'un guitare ou plus simplement montrant son
semoir sacré, passa son temps à jouer sur scène multipliant les mimiques,
trafiquant sa voix en tripotant non pas le semoir, mais les poussoirs des pédales
et caressant sa guitare pour en tirer un jus sonique difficilement imitable même
avec des claviers ! Parallèlement, Josh POLLOCK sautillait dans son
pyjama à la RAMONES, gravait des sons stridents dans la nouvelle scène
du Spirit of 66, la marquant à tout jamais de ses riffs démoniaques. Et
parfois confondant les planches avec une barricade, il chantait dans un mégaphone,
haranguant un public médusé et studieux mais prêt à le suivre.

Impossible de ne pas être emporté dans cette marée de sons révolutionnaires
et d'impressions nouvelles ?
Humble étudiant déluré, suis-je capable de qualifier leurs recherches ?
Oserais-je ?
Plutôt que de m'enfoncer dans des digressions trop académiques et glissantes,
disons plus simplement que David ALLEN's UNIVERSTY of ERRORS fait du space-grunge-psychédélique
rock avec un fumet de prog, du SGPR pour être plus simple : S
pour Siphonné, G pour Génial, P pour Putain c'est bon et R
pour Revenez vite au Spirit !
Set List :
Ne comportant qu'un seul mot par titre, essayez donc de la reconstituer (on y
trouve du GONG, du SOFT MACHINE et du Robert WYATT. (réponses en bas de page)
HOPE - WAGE - MONEY - INVOLVE - RICHMAN - SO WOT - MYSTIKO - PHP
pause de 17mm40s dixit Daevid ALLEN
SLEEPIN - EARTHB - STO INNO - OCEAN MO - TITTI - CAROLINE - SHOOTIN / rappel /
CLARENCE
Frédéric Loridant