Compte-rendu du concert du 31 mars 2002.

Si vous connaissez le site internet du Spirit of 66, et plus précisément son "guestbook", vous devez certainement avoir au moins une fois parcouru les enflammés, humoristiques, interminables et très documentés compte-rendus d'un certain DD ....
Il se fait que DD (Didier Dirix de son vrai nom) est devenu un ami, en compagnie duquel j'ai passé cet excellent concert. (pourtant sans aucun doute le plus rock-FM que j'aie jamais vu)
Et c'est pas tout, il nous fait l'honneur de nous raconter comment lui, le blueseux, le sudiste, le rocker invétéré, a vécu cette soirée rock-FM en compagnie d'un vieux progueux ...



Dire que le concert de DARE à Verviers fut un moment mémorable paraît tomber sous le sens. C’était le der (de Dare… oh le joke) pour la tournée « BELIEF » et cela s’est vite senti dans la conviction et le fait qu’ils ont vraiment tout donné.

L’impression de grandeur et de classe que j’avais pu me faire de ce groupe à travers l’album «CALM BEFORE THE STORM (1998) » en ressort encore plus déterminée tant ce type de  show déploie du nerf, de l’élégance, de la puissance et de la noblesse..

La force tranquille de ce combo et le charisme de son leader vocaliste Darren WHARTON sont  tout bonnement prodigieux.
Je sais que cet adjectif peut sembler galvaudé mais que voulez-vous que j’y fasse, c’est le mot : PRO…DI…GIEUX !

Aligné sur le line up du dernier album « BELIEF », (Andrew Moore et Richard Dews, deux guitaristes sublimes) DARE démontre, en tout cas, à travers chacun de ses musiciens, un sens de l’ampleur et de l’envolée lyrique qui le situe largement au-dessus de la moyenne.
Je pense, avec le temps, qu’ils deviennent d’ailleurs inclassables.

Evoquer ce gig dans les colonnes sacro-saintes du temple du prog’ ne me paraît pas incongru. Pas plus d’ailleurs que d’en parler comme groupe heavy-mélodique.

Les origines (e.a. Thin Lizzy) de Darren WHARTON et l’ante-pénultième album « BLOOD FROM STONE (1991) » ont injustement catalogué DARE dans le métal, ça je crois quand-même que tous les spécialistes seront unanimes à le nuancer. Il y a dans cet ensemble une alchimie étonnante qui empêche finalement les comparaisons. Si ce n’est peut-être que tout le show est un point culminant permanent que des tas d’autres groupes n’atteignent qu’occasionnellement. Ici on est au top à chaque seconde, sans relâche… Rien ne déçoit et les moments de grandeur et de surprises s’ajoutent les uns aux autres sans discontinuer.

C’est une fusion subtile entre la musique la plus délicieuse et les sonorités les plus ambitieuses. Tout est beau et fort sans effrayer ni assourdir. Ce curieux mélange convaincant appuyé sur des lyrics qui méritent le détour et transcendé par l’omniprésence charismatique de Darren WHARTON (mais qu’il est beau ce mec !!! et qu’il chante divinement) apportent une motivation supplémentaire au spectateur même néophyte.



Le démarrage méritait l’ajustement des repères que le groupe d’ouverture (WICKED SENSATION) avait méchamment boostés. Entame habituelle (aux dires d’Eric Ouaknin que je remercie vraiment pour son apport efficace et sa playlist), sur deux premiers titres de « BELIEF » le dernier album : « Silent Thunder » pas si silencieux que cela et « Promised Land » aux accents divins qui donne déjà la mesure et le sens du concert. Suit le « Someday » catalogué « Wonderful intro » pour aboutir au premier paroxysme de la soirée et c’en fut, croyez-moi : « Calm Before the Storm ». Quelle belle chanson… Elles sont toutes belles, d’accord,  mais j’adore cette ligne mélodique claire traçant dans l’air des contours panoramiques immenses qui vont plus loin que l’horizon et t’aspirent vers l’infini comme si tu te diluais en poussière de voie lactée.

Que c’est beau la musique quand tout s’arrange et se combine harmonieusement, quand les mots te manquent pour dire ce que tu ressens vraiment, quand toute ta vie défile devant toi et que tu tends les bras pour rattraper les moments perdus en courant mentalement et dérisoirement derrière les sons. Inutile sans doute mais si bon…

« White Horses (Belief) » j’aime autant pas vous en parler sinon je vais encore défaillir toutefois je peux vous certifier qu’on les a lâchés les chevaux, « Abandon» c’est comme son nom l’indique un saut dans les rêves debout, un cri de bonheur qui te traverse de part en part, un laisser aller définitif de ta petite personne vers le plaisir colossal d’être venu et d’avoir bien fait. Mais que dire du « Into the Fire » qui compléta ce duo exceptionnel d’extraits de « OUT OF SILENCE (1989) » ???

Cet album-là, il y a intérêt à le posséder, c’est un joyau précurseur de toutes les intentions et des qualités du groupe d’aujourd’hui. (pas facile à trouver : chez A&M 17/10/88). « Emerald » sera inévitablement un autre sommet de ce gig fabuleux. La version acoustique de la célèbre cover de T/L dépasse l’entendement. Sur le cul on était, tous sans exception. MA…GI…QUE ! Et les qualités de guitariste de Richard DEWS en seront désormais décuplées. J’ai vu la plus belle partie de rythm-guitar de ma chienne de vie ce 31 mars 2002, je le jure… et je ne suis pas prêt de l’oublier. Un régal, un nectar…



Ce genre de coup a de quoi mettre la salle entière instantanément sur orbite. Il faut du solide pour garder le niveau dans ces cas-là. Et on en a eu pour nos 15 euros, j’en suis témoin… pas que moi d’ailleurs.

Parce que terminer un concert par « Lies », « Crown of Thorns (CBTS)» puis « Still in love with you (id.) » çette intensité-là, nom d’un p’tit bonhomme,  j’ l’ai pas vue ni ressentie souvent (et c’est pépé qui vous l’dit, enfin je veux dire DD).  Une puissance de feu pareille calibrée comme un laser pointé sur mars ça fait voyager dis donc… un aller/retour cosmique en première classe…  Tu crois que tu vas atterrir ?  Oh ! que nenni, penses-tu !? C’est le « Phoenix (Belief) » qui renaît de ses cendres (facile, je sais) pour voler « Under the Sun (OOS) » comme des « King of Spades (OOS)… irracontable, impossible, je cale, ça me reprend, je sens que je vais encore verser une larme. Il y en a d’autre(s) d’ailleurs à qui cette chanson était dédicacée qui n’en sont pas encore remis (isn’t it Mr E. O. ?). Et ceux qui étaient remis se sont ramassés dans le final qui n’était d’ailleurs que l’addition d’un quatrième et d’un cinquième rappel donc…

Heureusement qu’on ne rentrait que demain à ce moment-là parce qu’il a bien fallu toute la nuit pour nous « ravoir », quel titre ce « Return the Heart (OOS) ». Une attaque soul en diable mais toute pacifique, des lyrics beaux à pleurer (oui je sais je m’emballe vite, mais c’est pour cela qu’on m’aimmeeeuhhhhh !) …/… “There were times we could never surrender” (maman, je meurs…). Quant à la dernière prise de pied totale, je ne saurais que trop vous recommander d’écouter le nouvel album (Belief donc), parce que c’est un pur chef-d’oeuvre (comme tout le CD d’ailleurs) : « We Were Friends »… Alléluiah !!! It’s not :  « We –were- friends », Darren, that’s only : “We –ARE- friends” buddy, and forever !!!

DD

P.S. Vu que je me devais au bail de sérieux qui me lie à Monsieur Romainville, mon nouvel employeur, je ne pouvais pas trop déconner forcément, mais je crois que je vais me lâcher un peu sur le site de Papa Géron (comme dit le Killer…). Cela devait être ma première « PROG » et ma Dare sans doute… (oui je sais je l’ai déjà fait à la deuxième ligne). Je vais de ce pas renégocier mon transfert avec la Place du Martyr.

Allez, A+ <DD>