concert du 1er novembre 2004.
S’il y a un groupe dont je ne m’attendais pas à voir un jour un concert, c’est bien The Tangent ! Pourquoi ? parce qu’il ne s’agit tout simplement pas d’un groupe en tant que tel, mais d’une collaboration musicale géographiquement éloignée entre Andy Tillisson (leader de Parallel of 90°), compositeur des morceaux, et trois membres des Flower Kings. Et non des moindes, la section rythmique au complet et Roine Stolt lui-même. Plus quelques invités ; soit des amis proches d’ Andy, soit d’autres « pointures » comme David Jackson au saxophone. Sachant très bien que ces gens ne s’étaient pratiquement pas rencontrés « physiquement », qu’ils enregistrent leurs parties chacun de leur côté à des milliers de kilomètres de distance, je n’imaginais pas qu’ils puissent se retrouver ensemble sur la même scène pour jouer cette musique. D’autant qu’elle n’est pas des plus simples, et que les Flower Kings ont aussi beaucoup d’autres chats à fouetter. Bref je n’aurais misé ni un penny ni une couronne sur les chances de voir The Tangent Live. Et bien j’avais tort. C’est bon d’avoir tort, quelques fois.


Assister à un sound-check est toujours un honneur, quelques fois un grand bonheur, mais aussi parfois un grand moment de trouille. Cette fois, je peux affirmer sans mentir que je n’étais franchement guère rassuré sur la suite des événements. A part Francis Geron, tout content d’apprendre qu’il allait « devoir » faire le son lui-même (ce qui est sa corvée favorite), les autres personnes me paraissent soit « absentes » (les Suédois ont l’air endormis et complètement hors sujet, presque « fonctionnaires » …), soit hyper stressées. Andy ne sait où donner de la tête, semble être le seul à s’inquiéter des multiples problèmes techniques de la guitare et des claviers, le seul aussi à s’inquiéter de ce qu’ils n’arrivent pas vraiment à jouer un morceau sans devoir s’arrêter pour se remettre ensemble, ou pour clarifier tel ou tel passage … A se demander si on assiste à un sound-check d’avant-concert ou à une première répétition. D’ailleurs, devant chaque Suédois se dresse un lutrin rempli de partition.

La suite de la soirée allait pourtant (ô combien) nous détromper. Cette différence de comportement est tout simplement liée à la longue expérience de la scène, l’habitude des tournées, qui finit par transformer un « glagla y a rien qui va ! » en « ça va aller, y a pas de raison ! ». Car une fois le concert lancé, si on excepte les quelques minutes de mise en train, c’est bien à un concert de purs professionnels auquel nous avons eu droit. Avec les 3 Flower Kings vraiment « dans » la musique au point d’y prendre un réel et visible plaisir. Rien à voir entre le Roine Stolt de Transatlantic (qu’est-ce qu’il s’emm…dait !) et celui-ci ! De plus, ils ont eu le bon ton de ne pas voler la vedette de la soirée à celui qui finalement la mérite : Andy Tillisson. Bondissant d’un clavier à l’autre, virevoltant de l’orgue au moog, il a survolé le concert. Peut-être pourrait-on lui reprocher qu’à force de trop en faire, il fut obligé de moins surveiller son chant. Ce que d’ailleurs il reconnaîtra lui-même. De la musique complexe, festive et non inutilement démonstrative, du rock’n’roll sophistiqué. The Tangent, c’est vraiment du prog ’70, au pied de la lettre. Quant au public : RA-VI. A mille lieues d’imaginer à quoi ressembla le sound-check ! D’ailleurs, autant ne plus jamais parler de ça. Je compte sur vous.
Je retiendrai un concert génial, avec un son parfait, et une ambiance du tonnerre. Point.

Nous attendons tranquillement au bar, quand Andy vient nous chercher : « ekwè cette interview, on la fait ? » (traduction assez libre). Ok, ok. Andy emporte un chocomel, et nous autre chose, puis nous nous retrouvons attablés à l’étage pour une longue discussion des plus amicales, dont voici la principale substance.

Alors Andy, comment as-tu trouvé le concert ?
Wow, j’ai beaucoup aimé. Pourtant, il faut reconnaître que nous avons fait un paquet d’erreurs, ce fut très difficile. « Certains » se sont entraînés énormément, mais les Suédois n’en ont guère eu le temps. Tu as vu leur calendrier de ces derniers mois ? Pour être honnête, les premiers essais communs ont débuté mercredi passé (nous sommes lundi). Même pas une semaine de répétitions ! Nous avons soit disant un an et demi d’existence, mais la première fois ensemble dans une pièce pour jouer, c’était il y a 4 jours. Le reste, les compositions, arrangements, enregistrements, ont été faits dans différents pays à différents moments. Compte tenu de tout cela, je peux m’estimer effectivement très satisfait. Un jour on regardera peut-être en arrière et on sera horrifié par les fausses notes …
Un mot sur l’accueil du public ?
Fan-tas-ti-que. Ce club est un endroit merveilleux pour jouer, c’est un honneur pour moi d’être là. Et puis j’aime ce type à la console. ( !). C’était fantastique, je me suis senti chez moi dès que j’ai franchi le seuil du Spirit of 66. Je me sens bien dans ces endroits où les gens deviennent fous tout en appréciant la musique …
Un peu stressé au début, quand même, non ?
Effectivement. En fait je suis tout le temps stressé. Un concert est une chose très difficile à réaliser. Ave Parallel or 90°, on a dû faire seulement 6 ou 7 concerts, et je me retrouve ici avec les Flower Kings qui ont 10 ans d’expérience continue. Difficile de se mettre au niveau de ces types hyper expérimentés. Et oui vous avez raison, wouuuuuuuuuuuu que j’étais stressé ….
Oui. C’est la première fois que je joue ici, et c’est seulement mon troisième concert en deux ans; ceci explique cela.

Suite de l'interview quand il sera retranscrit ... ainsi que dans le Prog-résiste n° 39 de janvier 2005 !