JEAN-MI (région parisienne, membre actif de www.progressivewaves.com)

Ce samedi matin je passais par la porte de La Chapelle (Paris, périph. nord) pour récupérer Jérôme (ami venu d'un forum ami) qui devait nous accompagner (me and misses JM) à cette Convention belge dont on parle beaucoup, mais que peu de français n'ont encore vue.

Contingence matérielle oblige, je faisais le plein d'essence dans ce quartier septentrional de Paris quand un véhicule vint accoster à la pompe voisine en ne laissant guère le passage pour quitter la station. Je m'approchais du conducteur dudit véhicule affairé au remplissage de son réservoir et lui déclarait tout de go : "Ce n'est pas un chanteur de prog qui va se mettre en travers de mon chemin !!" car j'avais reconnu Rôdeur Renaud. Quelle coïncidence !!! (pour ceux qui n'auraient pas cette référence, Rôdeur Renaud est le chanteur de Lac Placide)

Ce passage anecdotique passé nous arrivons (je vous passe les détails intermédiaires) devant la façade étriquée de ce bar américain qui porte le nom de "The Spirit Of 66". Il est pas loin de 15h00 et nous n'avons qu'à peine le temps de faire la connaissance de Piero que le spectacle commence.

Madelgaire ouvre le festival avec un show d'une heure. Cette sympathique formation belge nous sert un prog empreint de folklore merveilleusement servi par des musiciens chaleureux, complices et talentueux. Le chant est principalement tenu par le batteur et le monsieur a une voix fantastique avec un registre qui monte bien dans les aigus permettant des effets vocaux féminins. L'ambiance prog-folk de Madelgaire m'a fait penser au Mostly Autumn d'une période pas si lointaine. On ne pourra guère reprocher à Madelgaire que de nous laisser sur notre faim car il n'ont pas encore de vrai CD à nous offrir.

Ex-vagus prolongera par une heure de spectacle la partie francophone de cette convention. Ex-vagus est un groupe de Grenoble qui a rodé pendant deux ans un spectacle récemment enregistré sur CD sous le titre de "Seconde Lumière" et qui ne m'avait pas convaincu (cf. ma chronique). Malgré un chanteur à la voix puissante qui essaie de faire vivre les personnages de cette oeuvre conceptuelle, je dois avouer que je n'ai pas embarqué pour ce voyage imaginaire, restant spectateur extérieur. Il manque à Ex-vagus la folie d'un Ange ou la variété des thèmes musicaux d'un Madelgaire pour rendre prenant son spectacle. Je ne parlerai pas de déception puisque je n'avais pas de grandes espérances. Juste un temps un peu plus faible dans la soirée.

Quidam assure une troisième partie de 1h30 alternant les titres de leur dernier opus en anglais (Surevival) et des titres plus anciens en polonais interprétés précédemment par une chanteuse qui a déserté le groupe depuis. Le prog des Polonais a évolué d'une influence néo à une influence plus métal, et c'est un show puissant qui nous est offert. Des musiciens d'excellent niveaux à qui on pourrait reprocher une légère froideur, nous servent 90 minutes de musique techniquement maîtrisée. Comme pour bien affirmer que la formation n'est pas enfermée dans le carcan du progressif pur, nous avons le droit à quelques reprises clins d'œil dont une excellente de Led Zeppelin (No Quarter). Le bilan de la prestation est plus que positif.

La fin de cette première soirée était confiée à Focus, ce groupe hollandais mythique qui ne survit que dans les mémoires de quelques vieux rockmaniaques. C'est à 1h30 de grand show que monsieur Thijs Van Leer nous invite à la tête de son quartet. Jan Dumée à la guitare est le deuxième monstre sacré de la bande est c'est avec une complicité évidente qu'il répond à Thijs qui alterne ou cumule les interventions au chant (c'est pas toujours réellement du chant !!), à la flûte traversière (quel brio !!) et au Hammond (géant !!). Quand après plus d'une heure de show de folie communicative, le groupe nous assène un Hocus Pocus d'anthologie, on pouvait croire que la soirée se finissait dans le grandiose, c'était sans compter avec le bonheur de jouer de ces fous de scènes qui revinrent sans trop se faire prier nous en recoller deux petites dans les étiquettes.

C'est la tête dans les étoiles et les oreilles bourdonnantes que nous quittions le Spirit en nous demandant comment le lendemain pourrait nous procurer autant de bonheur, deux jours de suite, c'est pas possible ....

Après avoir traîner la matinée dans les rues de Verviers, la conversation revenant sans cesse sur les prestations de la veille, c'est avec une certaine avidité que nos pas nous ramenèrent vers le Spirit quelques minutes avant la reprise de cette deuxième journée.

A 15h00 entrée en scène de Knight Area, groupe hollandais de pur néo-prog que je brûlais d'envie de voir sur scène depuis l'écoute de leur unique album (le deuxième arrive !). La présence sur la scène de pas moins de 7 personnes m'a fait craindre un moment une prestation fouillis ou tout se noie dans une bouillie qui n'a plus rien de musicale. Mais dès les premières passes d'armes, force est de constater que les musiciens maîtrise l'art de se compléter de se répondre, de s'épauler, sans jamais se bousculer. La grande complicité de ces excellents musiciens s'affiche en permanence et les deux guitaristes vont jusqu'à se permettre un magique solo en duo. Une heure de pur bonheur néo-progressif symphonique dont la seule faiblesse (mais il faut chercher !!) serait un chant plus FM que prog.

Comme s'il était nécessaire de nous servir encore quelques moments de bonheur intense, Maschera di Cera monte sur scène pour 90 minutes de show à l'italienne dans des conditions particulières : le claviériste ayant préféré son voyage de noces à la Convention, le groupe est diminué (!!!). C'est donc un chanteur qui regrette d'être coincé au milieu des claviers qui lance le spectacle nous priant d'être indulgent sur ses performances de 'keyboardiste'. Quand on voit pour la première fois sur scène ces bêtes de spectacle qui composent Maschera di Cera, on se prend une claque gigantesque. Les italiens ne jouent pas leur musique, il ne vous l'offre pas, ils vivent leur show avec une puissance qui vous propulse l'œuvre en pleine tête pas moyen de l'éviter. Et si le chanteur n'est pas excellent aux claviers (je le laisse responsable de son affirmation à prendre au deuxième degré), tant mieux ! Un show plus grandiose aurait fait des victimes (on peut mourir de plaisir, parait-il !).

Comment finir une soirée aussi riche et un week-end aussi chargé de réussite musicale ? Nos amis belges avaient choisi une option que se révéla excellente : l'arrêt du combat par KO. Un bon coup de métal-prog avec les très prometteurs Polonais de Riverside fut donc notre ultime "punition". Le quatuor dégage une puissance énorme sur scène et pendant 90 minutes ils nous ont achevés à coup de riffs assassins, de soli de guitare monstrueux. Riverside arrive à aller encore plus loin que Porcupine dans la montée en puissance grâce un chanteur (également bassiste) qui passe du chuchotement intimiste aux hurlements quasi death avec une facilité déconcertante. Les quelques titres tirés du prochain album (à paraître fin octobre début novembre) laissent augurer un montée en puissance de la musique de Riverside.

C'est donc la tête définitivement détruite par overdose de bonheur musical qui nous avons avec regrets (et c'est peu de le dire !!) quitté ce lieu magique.

Je suis venu, j'ai vu et je suis vaincu !!

Merci, amis de ProgRésiste, et à l'année prochaine !!

Jean-Mi.

 

PIERRE NANSON (abonné, et grand habitué du Spirit of 66 ... et d'ailleurs !)

Excellente convention cette année. L'affiche était vraiment attirante.

A chaud, voici quelques impressions brutes en espérant que d'autres suivront.

1e jour: 24 septembre

Madelgaire: Ils ont visiblement mis du soin pour leur prestation. un rock soigné. Ils se sont bien préparés pour ce concert et ont subtilement réparti leur musique bien construite en la mêlant de petits effets de scène avec l'épée. Deux chanteurs, dont l'un à la batterie ayant un registre assez haut. Signalons que c'est le seul groupe avec violon de la Convention. c'est peut-être idiot, mais j'avais envie de le dire

Ex-Vagus: Ces grenoblois font partie de la galaxie Ange et ça s'entend. De sa voix faisant penser à celle d'Obispo (ou un truc dans le genre), le chanteur se lance dans de longs récitatifs. Personnellement, je trouve qu'il prennent un peu trop le devant par rapport au reste de la musqiue. Précison qu'il qu'ils ont aussi des effets de scènes rigolos prendant les instrumentaux.

Quidam: Le groupe polonais a changé de chanteur: il s'est entièrement masculinisé. et cela s'entend. Il tourne vers un côté bc plus plus rock et cela s'entend. Excellente prestation, Un petit détail, on reconnaît facilement les morceaux de l'ancienne chanteuse (Emila). Pour ceux qui ojnt déjà bu le groupe, elle ont un côté nettement plus féminin, ou pop qui contraste avec le nouveau son de groupe.

Focus: C'est le groupe de légende de la Convention. remontant jusqu'aux 70. Leur formation est maintenant stabilisée et ils ont tjs autant d'aisance, de plaisir et de dextérité à jouer. Le guitariste jan Dumée qui me paraissent fort au premier concert qu j'ai vu est mainteant fort détendu. Thijs Van leer était en forme olympique. Et quond on voit Thijs van Leer de profil, on sait ce que veut dire être en forme. Ils a mis à fond tous ses intruments à contribution: son beau vieil Hammond patiné par les applaudissements, sa flûte dont il joue de temps à autre d'une seule main, et enfin sa bouche qu'il triture dans tous les sens pour en sortir les sons pls plus extravagants: rythmes qu'il reprend à la flûte, yoddle, etc.. Commencé sur un ton calme, un peu blues, ils ont terminé leur cocnert en apothéose par leur morceaux traditionnel délirant: Hocus-Pocus. Sublime fin! Dernière parole à Thijs "Avec vous on se sent vraiment exceptionnel"

2e jour: 25 septembre

Knight Area: Pour ce deuxième jour on reste avec avec un groupe néerlandais. Leur style m'a fait vraiment penser à Ayreon, autre groupe néerlandais. Leur concert fut excellent. Ils ont fait un reprise de Led Zep, comme la fois dernière. Une petite question: avaient-ils vraiment besoins de onze claviers? ;-))

La Maschera di Cera Cette fois-ci, une particularité apparaissait dans ce groupe lytique, un de mes préférés, je dois l'avouer. On pouvait croiser les membres du groupe tout au long de la Convention, mais pas de trace du claviériste, Agostino Macor. Il est plus discret que les autres, mais la raison de son absence fut révélée au public angoissé au début de leur concert. Le pauvre était en voyage de noces et il ne pouvait donc pas participer aux réjouissances progressives. Je précise, pauvre, non pas parce qu'il s'est marié, mais plutôt parce qu'il n'aura pas connu l'événement progrésistien et son ambiance. Félicitations donc à l'heureux homme, qu'on reverra transformé, j'en suis certain!. Il a laissé la charge essentielle des claviers au chanteur Alessandro qui s'en tiré avec un brio remarquable, même s'il s'agissait là d'un simple remplacement. Leur style est très particulier. ils jouent sans guitare électrique, la basse étant souvent jouée comme une guitare. les clavier et le chant occupent une place importante. masi la flûte acidifie un peu tout l'ensemble comme un goutte de citron dans la salade. même si peut agacer certains, je la trouve indispensable. Ils ont rendu hommage à John Bonham dont c'était hier le 25e anniversaire de la mort et qui visiblement inspire Maurizio di Tollo, le batteur du Masque de Cire.

Riverside La fin du festival fut confiée à ce groupe polonais qui avait déjà allumé le Spirit récemment. Ce groupe était également présent le samedi et très disponible tout au long du festival. Leur musique semble être plus "metal" et encore une fois, ils ont allumé le Spirit avec leur rythmique d'enfer. .

Pour ses à-côtés, la boutique de Georges de chez Shop 33 et les quelques tables des différents groupes et de la revue ont traditionnellement fait crier qq portefeuilles. L'horaire des concerts était minuté et c'est très bien, malgré que la file à la friterie de la place nous a fait louper les qq 1e minutes de certains concerts. Du côté du public, on a tjs des craintes. la salles n'était pas sold-out, mais pour mon impression, j'ai déjà vu des fins de Conventions bc plus clairsemées qu'hier. Le dernier concert a pris fin vers 22h, ce qui est vraiment très tôt pour le Spirit et très bien pour ceux qui ont une longue route à faire.

Merci à toute l'équipe de Progresiste et à l'organisation du Spirit

Espérons que la Convention persiste l'an prochain.

Bref, vraiment une excellente Convention

Pierre NANSON